Les acariens

 

Biologie

Les acariens tirent leur nom d'un mot d'origine grecque qui signifie insécable, en d'autres termes, trop petit pour être coupé !

L'essentiel est là : leur caractéristique principale est bien leur taille, infiniment petite, les rendant la plupart du temps invisibles à nos yeux.

Les acariens sont un taxon d'arachnides, c'est-à-dire qu’ils sont une sous-espèce des araignées et regroupent divers individus comme les tiques et les aoûtats, pour citer les plus connus.

A travers le monde, on recense officiellement 50 000 espèces, mais en réalité on estime que ce taxon compte plus d'un million d'espèces. Ils ont conquis tous les milieux  climatiques, grands froids ou chaleurs tropicales, ils sont partout ! Ceci est expliqué par la grande diversité de leurs conduites tant en terme d'alimentation  que d'habitat.

 

Leur présence remonterait à la nuit des temps.

 

Rendez-vous compte : il a  été prouvé scientifiquement qu'ils existaient avant même les insectes, soit  à l'ère primaire. Ils sont donc sur terre depuis  400 millions d’années et n'ont pas évolué depuis leur apparition.

Bien plus proche de nous, on trouve trace de leur existence dans les écrits qui évoquent la gale, puisque l'un d'entre eux, le sarcopte, en est la cause. Cette maladie est aussi ancienne que l'humanité, elle est décrite dans le livre de médecine chinoise « Sou Wen » répertoriant les maladies, qui date de 2600 ans avant JC. Puis ce sont les égyptiens qui en parlent en 1500 avant JC,  on note également une référence à la gale dans les écrits théologiques comme la Bible ou encore  dans le Lévitique.

On trouve d'autres témoignages dans la Grèce antique, notamment par les écrits de Platon, datant de
395 avant JC, et par Aristote au 3ème siècle avant JC. 

Si les scientifiques et savants de l'époque ont compris ce qu'était la maladie, il faudra patienter encore quelques siècles pour que les médecins du monde arabe évoquent les acariens. En Europe, nous attendrons le milieu du Moyen Âge pour comprendre que la gale peut être provoquée par un organisme externe à l'homme et non plus la résultante des « humeurs ».

Ce n'est qu'au cours du XIX ème siècle qu'enfin on découvre les acariens, grâce à l'apparition du microscope. Et pourtant, fait extraordinaire, on peut apercevoir des dessins représentant des acariens sur une fresque du temple romain Baalbek dédié à Bacchus qui se situe au Liban et qui a été érigé au IIème siècle !

De nos jours ils sont bien connus, notamment tiques et aoutats, sans oublier les acariens des poussières, responsables de nombreuses allergies et maladies type asthme.  Ils suscitent de telles psychoses que certaines personnes aux Usa en ont supprimé leur matelas !

Car sachez-le, les acariens nous entourent ! Si  certains sont de simples mutualistes, la plupart sont des parasites. Parasites occasionnels ou permanents, tout dépend de l’espèce concernée. D'autres sont auxiliaires, puisqu'ils éliminent des espèces congénères nuisibles.

 

Les acariens ont une physiologie particulière

 

Les acariens ont une morphologie très particulière, en raison de la fusion des différentes parties de leur corps. Il existe peu de segmentation sur leur corps, sauf pour les appendices et pièces buccales. Si les tiques sont largement visibles à l'œil nu et peuvent atteindre 2 cm, la majorité des représentants de leur ordre, ne mesure que quelques micromètres,  de 0.2 à 0.4 µm. Pour vous faire une idée, le micron est mille fois plus petit que le millimètre...

Les acariens ne possèdent pas de système vasculaire qui gérerait le transport de leur sang, ainsi ce dernier est en contact direct avec leurs organes. De la même manière, chez les sarcoptides (responsables de la gale)par exemple, il n'existe pas d'organe voué à la respiration, celle-ci étant assurée par leur peau. Ils respirent par des orifices positionnés de chaque côté de leur corps.

Les acariens parasites, quant à eux  ne possèdent pas d'yeux. Pour se substituer à eux, ils ont des poils sur les extrémités de leur corps, en un nombre précis selon l'espèce, qui leur servent à se guider. Quand ils ont des yeux, ils peuvent en posséder jusqu'à deux paires ! Femelles et mâles sont physiquement très différents, les mâles ont systématiquement ou une plusieurs paires de pattes plus développées que les femelles et les jeunes. Ces pattes présentent une grande diversité de formes, selon l'utilisation qu’elles ont, elles sont prévues pour marcher, nager, s'accrocher ou ramper. A leur extrémité on trouve soit des griffes, soit des soies (gros poils longs brillants et rigides), voire des ventouses. Grâce à cela, ils assurent un maximum d'agrippement et résistent à l'aspiration. Ils sont petits mais costauds….

Nombre d’acariens évoluent dans le sol ou dans l'eau, il en est également beaucoup qui vivent avec ou sur des êtres vivants, qu'ils soient animaux ou végétaux.  Les acariens ne volent pas et à la vue de leur petite taille, ils ne conquièrent pas les continents par la marche, mais simplement en se faisant transporter par des hôtes divers et variés. Les scarabées peuvent parfois et à leur insu déplacer jusqu'à 500 acariens.

Ce comportement s'appelle  la phorésie, et consiste à se faire transporter par un hôte sans pour autant partager autre chose. Ils pratiquent aussi bien fréquemment l’endoparasitisme et c'est leur comportement le plus connu. Dans ce cas l'acarien entraine des conséquences plus désagréables, puisqu'il s’insère dans son hôte, se nourrissant de ce dernier, pouvant conduire à la mort de la plante, l'animal ou l'homme qu'il a envahi. Il est à noter que ceux-ci n'aiment pas l’altitude puisqu'on remarque qu'ils sont absents au-dessus de 1800 mètres.

 

Les acariens souvent utiles

 

Il est vrai que globalement les acariens n'attirent pas la sympathie et ne bénéficient pas d'une image positive ; ils ne sont pas pour autant exclusivement néfastes. Ils  sont même parfois très utiles. Saviez-vous qu'ils aident la police dans ses enquêtes ? Grace à leur présence sur un cadavre, les acariens présentent une aide précieuse pour dater avec certitude et précision l'heure d'un décès.

Ils sont aussi utilisés pour vaincre les parasites de certains végétaux. C'est ainsi qu'ils sont largement pulvérisés sur les plantes d'agrément dans certains parcs publics,  voire dans des parcs d'attraction. Cette action permet de limiter à la fois l'utilisation de pesticides et d'éventuelles intoxications en cas d'ingestion de fleurs par les jeunes enfants.  Le phytoseilus notamment, attaque les acariens donnant le jaunissement et la chute de feuilles de vos plantes.  Du reste, il s'en prend  aussi aux  araignées rouges à tous les stades de leur développement. Une fois sa besogne faite, s'il n'a plus de proie à éradiquer, il meurt.

En France et en Hollande 10% des cultures sont protégées par ces acariens tueurs. Grâce à l'emploi des phytoseilus, on a remarqué que l'on pouvait abaisser de 75% l'utilisation de pesticides. Au-delà de nos cultures et de nos jardins publics mais toujours dans nos terres, les acariens du sol, eux, présentent un rôle essentiel pour notre éco-système. En se nourrissant des débris organiques ils les transforment ainsi en humus. Sans leur action, on estime que les sols des forêts seraient recouverts de deux mètres de feuilles indigestes pour les plantes environnantes qui seraient privées d’éléments nutritifs  capitaux pour leur survie.

En allant au Puy en Velay, vous entendrez les gens parler des « artisons ». Ceux-ci ne sont rien moins que des acariens qui jouent les ouvriers pour nos fromagers….ainsi distillés sur la croûte des fromages, ils en assurent l'affinage.

Un peu de science-fiction pour terminer ce paragraphe : certains chercheurs sont spécialisés dans les acariens et parcourent le monde à la recherche d’ambre contenant des acariens. Ils sont alors très courtisés de certains laboratoires de génétique voyant dans ces fossiles, du sang datant de 40 millions d'années…….ça ne vous rappelle rien ? Il s'agit pourtant de la base du scénario d'un film de Steven Spielberg des années 90 : Jurassic Park.

 

Reproduction

La majorité des acariens est ovipare et la plupart pratiquent la parthénogénèse.  C'est-à-dire que les femelles ont la capacité de se reproduire sans fécondation. Dès lors que les conditions favorables à leur reproduction sont réunies, celle-ci se fait à grande vitesse. Pour cela, ils ont besoin d'un  taux d'humidité compris entre 65 et 80% et une température comprise entre 20 et 30°C. Dans le cas où l'environnement se refroidit, loin de mourir, ils se mettent en latence, patientant calmement jusqu'à ce que les conditions redeviennent clémentes à leur développement.  En revanche ils ne supportent pas un milieu sec, c'est la mort assurée. Voilà pourquoi l'altitude est leur ennemie, l'air n’est pas assez humide. Les acariens sont absents des milieux montagnards, ils ne survivent pas à plus de 1500 mètres.

 

Les acariens ont bien des particularités sexuelles

 

Les acariens ont des ventouses copulatrices sur la partie postérieure de leur abdomen qu'ils utilisent lors de l'accouplement! Les mâles ont parfois plusieurs paires de testicules, mais qu'un seul pénis, qui, au regard de leur taille peut sembler totalement démesuré ! Les femelles quant à elles sont fécondées via leur anus, lorsqu'elles sont encore au stade de nymphe et pondent lorsque leur dernière mutation en adulte a lieu. D'ailleurs cette dernière mue intervient soit au cours de l'accouplement, soit très peu de temps après, puisque la ponte est faite par l'adulte. Chez certaines espèces enfin, les organes génitaux se trouvent sur le dos !

Après la ponte des œufs survient l'éclosion laissant apparaître une larve à six pattes, ensuite une nymphe  à huit pattes laisse place à l'adulte. Les larves étant proches à la fois par leur physique et leur comportement social et alimentaire des adultes, on dit que leur métamorphose est incomplète.

 

Les mues des acariens sont également spéciales

 

A chacune d'elle, l'acarien devient inerte comme s'il était mort. En réalité il n'en est rien ; dans son intérieur s'opère une révolution qui  conduit à la concentration et à la résorption de tous ses organes  dans son tronc. Le nouveau corps se développe jusqu'à complète transformation, alors l'ancien corps se fend, laissant place au nouvel acarien. Ce phénomène a été vérifié chez tous les acariens.

Leur durée de vie est plutôt courte, environ 2 à 3 mois.  Une fois adulte, les femelles pondent chacune pour renouveler la population. Selon l'espèce, elles peuvent pondre  20 à 80 œufs  ou alors 100 000 œufs sur une période de quelques semaines uniquement.

 

Alimentation

Leur régime alimentaire est aussi riche et varié que le nombre de leurs espèces.

 

Certains sont phytophages, d'autres hématophages, lymphophages, et bien entendu détritivores, c'est-à-dire qu'ils se nourrissent de nos détritus physiologiques. Les substances sont digérées et transformées grâce à des enzymes que leurs glandes salivaires sécrètent. Dans une pièce où l'hygrométrie est supérieure à 85%, les acariens mangent 5 fois plus, donc produisent  5 fois plus de déjections. Et enfin, ils sont eux-mêmes sur la carte de leur menu favori, car oui, les acariens sont cannibales et n'hésitent pas à transformer votre literie en champ de bataille pour se dévorer mutuellement. D'autres encore sont utilisés pour tuer et se nourrir de leurs congénères, c'est le cas du phytoseilus.

 

Fumigène insecticide, le Degy fumigateur 10 gr
Fumigène insecticide, le Degy fumigateur 10 gr
Découvrir nos autres sites sur les nuisibles...
Depuis 2007, les meilleurs produits dans notre boutique ...
...et les annuaires des professionnels de la lutte contre les nuisibles...